Cassandra Darke

La bande dessinée du samedi #4

Et voilà, il n’aura suffit que de 3 chroniques pour que je perde mon rythme de rédaction et que cette chronique du samedi soit publiée un lundi soir, tard.

En décembre dernier, le 21 décembre 2016 exactement, un peu avant qu’ils viennent m’arrêter, je me rappelle avoir acheté des macarons dans Burlington Arcade.

Cassandra Darke de Posy Simmonds, éditions Denoël graphic

C’est l’histoire de …

Cassandra Darke, londonienne et marchande d’art. Sorte de Scrooge au féminin, elle est dotée d’une immense fortune et d’un sens douteux de la légalité. Son personnel la déteste et elle passe son temps à râler sur tout et contre tous. Sa vie bascule quand sa nièce Nicki déboule à l’improviste trainant quelques ennuis dans son sillage.

L’auscultation du Dr Fatale

Un roman graphique de Posy Simmonds

Cassandra Darke est le troisième roman graphique de Posy Simmonds traduit et publié en France en 2019. Cassandra Darke succède à Gemma Bovery librement adapté du best seller d’un certain Gustave Flaubert et à Tamara Drew inspiré lui du très beau roman, Loin de la Foule déchainée de Thomas Hardy. Ces deux romans graphiques ont été adaptés au cinéma : le premier par Anne Fontaine en 2014 et le deuxième par Stephen Frears en 2010.

Publiés par Denoël dans la collection graphic, ces trois ouvrages représentent ce que l’on appelle le roman graphique. Et ici, ce n’est pas de la blague. L’ouvrage est constitué de blocs de texte et d’illustration avec phylactères qui se complètent. On ne peut pas se contenter de lire l’un ou l’autre sous peine de ne rien comprendre.

Un (mé)conte de Nöel

Pour Cassandra Darke, Posy Simmonds dit s’être inspiré de Scrooge dans un Conte de Noël, de Dickens. Pourquoi pas. Les deux personnages partagent des caractéristiques communes en effet : ils sont riches, seuls, malheureux sans vraiment se l’avouer, ont d’odieux caractères et n’inspirent pas la sympathie.

Une partie de l’intrigue se déroule d’ailleurs sur la période de Noël mais il ne s’agit pas ici d’un conte mais d’un polar londonien. Et c’est sombre, très sombre. La palette de couleur est riche de couleurs grisées, plombées. On y lit une petite critique de l’art contemporain mais aussi une critique sociale avec ses personnages riches vivant dans des quartiers cossus mais vides, ses loubards, ses pubs et ses quartiers désargentés et sordides.

Le personnage de Nicky est celui qui tente de réduire la fracture sociale mais c’est aussi celui qui déclenche l’intrigue « policière ».

Mon avis en quelques lignes

C’était mon premier Posy Simmonds et il n’est pas du tout certain que j’en lise d’autres. Le trait est caractéristique et de grande qualité mais ça ne m’a pas suffit.

Je ne dois pas être une grande amatrice de ce mélange de textes et d’illustrations qui m’a souvent compliqué la tâche dans ma lecture ne sachant si je devais commencer par lire le texte, les images, dans quel ordre etc… Par ailleurs, j’ai trouvé la police d’écriture un peu petite (mais ça, c’est peut être moi qui vieillit (OMG 😱)). Bref, une lecture un brin inconfortable par sa forme accentuée par la temporalité du récit qui commence en décembre 2016, se poursuit en 2017 pour revenir ensuite sur les évènements de 2016 et retourner en 2017. Ce va-et-vient temporel a achevé de me perdre.

L’intrigue n’est pas vraiment époustouflante non plus et les personnages n’ont pas su me passionner pour leur destin. Cassandra Darke est vraiment détestable, n’inspire pas l’empathie et même si le dénouement de l’intrigue l’humanise davantage, cela ne suffit pas à emporter mon adhésion de lectrice.

On parle souvent de l’humour anglais et je l’adore. Je ne l’ai pas perçu ici. Absolument aucune situation ne m’a fait rire ni même sourire.

Je m’en doutais déjà quand j’avais vu les bande annonce des films inspirés des précédents romans graphiques de l’autrice et Cassandra Darke le confirme : Posy Simmonds, c’est pas ma tasse de thé.

En revanche, elle a l’air sympathique comme tout en interview. Avant d’écrire la chronique, j’ai écouté la podcast de l’entretien de Posy Simmonds avec Augustin Trapenard dans Boomerang sur France Inter et ces deux-là ont l’air d’avoir passé un chouette moment ensemble.

Osez Posy Simmonds (franceinter.fr)

La prescription du Dr Fatale

Il est bien difficile pour moi de vous conseiller d’autres romans graphiques car ce que l’on nomme souvent roman graphique est pour moi de la belle bande dessinée superbement éditée.

Donc voici mes prescriptions après un brain storming épuisant :

Si vous aimez les adaptations de romans en BD :

Sacrées sorcières de Roald Dahl par Pénélope Bagieu. Une adaptation colorée et fun du célèbre roman jeunesse.

Si vous aimez les vieux en bande dessinée :

Les vieux Fourneaux, série en 6 volumes de Lupano et Cauuet

A vous !

Connaissez-vous les œuvres de Posy Simmonds ? Etes-vous adepte des romans graphiques ?

Je vous souhaite de belles lectures et que l’imagination soit avec vous !

A très vite pour une nouvelle chronique BD.

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