Les aventures de Thomas Kydd, marin de Sa Majesté, tome 1. Enrôlé de force

« C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme. »

Du gaillard d’arrière du vaisseau de ligne Duke William, on ne voyait rien des passagers du vilain petit heu qui se frayait un chemin à travers la mer gris-vert.

Les aventures de Thomas Kydd, marin de Sa Majesté T1. Enrôlé de force, Julian Stockwin

C’est l’histoire de …

Thomas Kydd, citoyen britannique vivant en 1793, jeune perruquier, enlevé dans une taverne de sa ville natale et enrôlé de force dans la marine royale.

L’auscultation du Dr Fatale

Enrôlé de force fait parti de ce que j’appelle mes « lectures vintages ». Peut être que le nom de l’auteur et le titre du livre ne vous disent rien et c’est tout à fait normal. Julian Stockwin a écrit et publié son roman en 2001 en Angleterre et l’ouvrage a été traduit puis publié par les éditions Presses de la Cité en 2006. C’est d’ailleurs à cette date que je l’avais inscrit sur ma liste de lecture. Depuis le livre n’est plus disponible en librairie ni chez l’éditeur. C’est donc dans ma médiathèque que je me le suis procuré.

Enrôlé de force est le premier volume d’une tétralogie.

Apparemment ce roman a eu un grand succès outre-Manche. En France, il a du passer plus ou moins inaperçu car la parution en poche s’est interrompue au deuxième tome.

La découverte d’un nouveau monde

Avec Enrôlé de force, le lecteur découvre un monde nouveau. Un monde flottant sur l’eau, fait de planches et de cordes plus ou moins solides et où la moindre erreur peut vous coûter la vie. Un monde exclusivement masculin avec ses territoires, ses codes, sa hiérarchie, son langage, ses clans, sa justice et ses châtiments.

Thomas Kydd, le personnage principal, est enlevé par la presse, un groupe de marins débarqué à terre pour enrôler de force des terriens et en faire des marins. Pour ne pas changer, l’Angleterre est en guerre contre la France et tous les moyens sont bons pour renforcer les rangs. Débarqué dans la cale, Kydd est complètement perdu. Il n’a jamais mis le pied sur un bateau, ne connait aucun terme maritime et n’a a priori rien pour faire un bon marin.

Il a quand même une bonne étoile car même si certains officiers l’ont très vite dans le pif, il est remarqué par Bowyer, un vieux loup de mer qui le prend sous son aile et lui explique les us et coutumes du bord ainsi que les rudiments du métier de marin.

Comme le personnage principal, on tangue sur le pont du navire, on assiste aux manœuvres, on se prend des grains dans la figure, on assiste à des jugements expéditifs et on se lance dans des sauvetages hasardeux. De belles amitiés naissent aussi, indispensables pour ne pas perdre la raison dans un univers aussi rude.

Le langage technique ne m’a pas rebutée. Il est de toute façon indispensable pour décrire le quotidien sur un navire de ligne du 18è siècle. Il m’a manqué peut être un fil conducteur dans l’histoire. J’ai eu l’impression d’assister à une succession de moments clés dans l’aventure de Thomas Kydd et dans la naissance de sa vocation.

Il n’en reste pas moins que Enrôle de force est un bon livre d’aventures maritimes historiques et que j’ai plusieurs fois retenu mon souffle, me demandant si les personnages allaient se sortir de cette galère. On sent bien le travail de documentation énorme que la rédaction de l’ouvrage a demandé à son auteur. Le récit est très immersif, rythmé, précis. On tangue avec le navire, on entend les craquement et le vent dans les voiles, on sent l’odeur de la poudre ainsi que la souffrance et la passion des hommes de mer.

Enrôlé de force est la parfaite illustration de la citation d’Aristote :

 » Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer. « 

Aristote

La prescription du Dr Fatale

Le déchronologie de Stéphane Beauverger, Grand Prix de l’Imaginaire en 2010 et Prix des utopiales en 2009.

Ce roman m’a laissé un très grand souvenir. Je m’en rappelle comme d’un récit de pirates qui m’avait procuré un grand sentiment d’évasion et de liberté pendant mes études.

Résumé de l’éditeur :

«Je suis le capitaine Henri Villon, et je mourrai bientôt.
Non, ne ricanez pas en lisant cette sentencieuse présentation. N’est-ce pas l’ultime privilège d’un condamné d’annoncer son trépas comme il l’entend? C’est mon droit. Et si vous ne me l’accordez pas, alors disons que je le prends.»
Ainsi débute le récit du capitaine Villon. Il lutte avec son équipage de pirates pour préserver sa liberté dans un monde déchiré par d’impitoyables perturbations temporelles. Son arme : le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps.

Vous connaissez certainement mon amour pour Robin Hobb. Je suis donc ravie d’avoir l’occasion de vous conseiller une des ses séries, Les aventuriers de la Mer. Ici les bateaux sont appelés des Vivenefs et ont une âme. Althéa, fille héritière d’une famille de Marchands aurait du hériter de Vivacia, la Vivenef familiale. Elle en est dépossédée par les manœuvres de son beau-frère. Elle fera tout pour récupérer Vivacia.

Une série d’aventures dans laquelle on retrouve des personnages évadés de l’Assassin Royale.

Résumé de l’éditeur :

Les vivenefs sont des vaisseaux magiques liés à la famille qui les possède par des liens empathiques. Ces navires sont insaisissables, ils bravent les tempêtes, évitent les récifs, distancent les monstres marins, sèment les pirates… Et sont surtout l’objet de toutes les convoitises. Vivacia est la vivenef de la famille Vestrit. Le capitaine Ephron Vestrit est mourant et, parmi les siens, chacun ourdit complots et traîtrises pour s’approprier son vaisseau, car l’héritage d’une vivenef ne se transmet pas comme un legs normal. Et ce tandis que d’autres dangers se profilent à l’horizon : les serpents de mer qui infestent les océans se regroupent, et un ambitieux pirate aspire à unir ses pairs sous un seul pavillon : le sien…

Sous le vent de la liberté de Christian Léourier, réédité en novembre 2021 aux éditions Argyll.

Ce roman est encore dans ma PAL. Pour en découvrir une chronique complète, je vous oriente vers le blog Une bulle de Fantasy.

Résumé de l’éditeur :

Élevé par un père libertin et un prêtre humaniste, Jean de Kervadec est jeté dans le tourbillon du monde lorsqu’il perd la possession du manoir familial. Il embarque alors pour l’Amérique à la recherche de son frère aîné, héritier légitime, le seul à même de reconquérir leur domaine.
Cependant, le jeune homme est loin d’imaginer les multiples destinations où le pousseront vents et courants : de l’Amérique, où naît une république, aux côtes africaines où sévit la traite ; de la course contre les pirates de l’océan Indien aux guerres du Deccan ; de la révolte des esclaves de Saint-Domingue aux spasmes de la Révolution qui secouent Paris.
Et si sa route croise celle de nombreuses figures historiques, la destinée prend quant à elle le visage d’une femme, Maria, son amour d’enfance, qui l’obsède au moins autant que son désir de vengeance envers ceux qui l’ont obligé à fuir sa terre natale.

A vous

Quelles histoires maritimes avez-vous lues et aimées ?

Je vous souhaite de bonnes lectures et que l’imagination soit avec vous !

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