Il faut flinguer Ramirez, Tome 1

La BD du samedi #3

Vous devez savoir une chose, inspecteur : dans notre service, c’est lui, le « number one » !

Il faut flinguer Ramirez, tome 1. Nicolas Petrimaux

C’est l’histoire de …

Jacques Ramirez quadragénaire muet, affublé d’une tache de naissance sur le visage et meilleur réparateur d’aspirateurs que le service après vente de la Robotop ait jamais connu. Vénéré par ses collègues, réputé gentil garçon, le trouble est semé quand les membres d’un cartel le reconnaisse comme étant Ramirez, le dangereux tueur à gage, cible d’une vendetta.

L’auscultation du Dr Fatale

Il faut flinguer Ramirez Tome 1 est une bande dessinée de Nicolas Petrimaux, publiée par Glénat en 2018. Et c’est un régal à tous points de vue.

Le scénario est un délice. L’histoire de ce type banal, muet, dont le seul talent semble-t-il est de réparer des aspirateurs. Ces collègues le décrivent comme le crack du SAV, un homme d’une grande gentillesse et voue une admiration sans borne à son talent de réparateur d’aspirateurs.

Reconnu sur la foi d’un portrait robot digne d’un enfant de 2 ans, il est reconnu par les membres d’un cartel mexicain comme l’infâme Ramirez, un type dangereux.

Commencent traques, courses poursuites en voiture, enquête de police, fusillades et autres explosions. Une BD aux allures tarantinesques, un hommage presque parodique aux films d’action des années 80 aux frontières du cartoon et du western.

Le scénario loufoque est très bien construit et accrocheur. Il est d’une inventivité aussi folle que les personnages et joue des clichés pour mieux s’en amuser et nous divertir. Vous ne vous ennuierez pas une seconde avec il faut flinguer Ramirez que comme l’auteur nous abrégerons en IFFR. On sent que l’auteur s’est fait plaisir et ce plaisir se fait contagieux tant la lecture de ce volume est jouissive.

Le lancement du nouvel aspirateur de la Robotop est vécu et scénarisé avec la même intensité qu’un premier pas sur la lune. Les personnages sont absolument délicieux. Les dealers ont des discussions d’une banalité tout innocente, les collègues de Jacques Ramirez sont extra, le couple de lesbienne est en mode Bonny and Clyde et j’ai une tendresse toute particulière pour la voisine de Ramirez petite mamie pince sans rire qui cultive de drôles de plantes dans son jardin.

Côté dessin, là aussi, Nicolas Petrimaux a été généreux. Il n’y a pas une once de vide. Les planches sont magnifiques, colorées, sexy et bourrées de détails. Les décors sont soignés, tout autant que la mise en case et les phylactères. Le dessin est dynamique, à la hauteur du récit raconté.

Un beau succès

IFFR est le premier album de son auteur qui en assume tout : le dessin, le scénario, le côté cartoon et l’humour ravageur.

Et c’est un succès qui se poursuit à ce jour : plus de 100.000 exemplaires vendus pour le volume 1, 3 prix (prix des lycéens Angoulême 2019, Prix des libraires de bande dessinée 2018, Prix du meilleur espoir et prix du public France 3 – Chambéry BD 2019) et une fake news sur la sortie du volume 3 annoncée à l’insu du plein gré de l’auteur pour octobre 2021. Et comme pour les meilleurs films, IFFR, s’offre le luxe d’un trailer avec grosse voix et musique hollywoodienne : Bienvenue en Arizona 😊

C’est aussi une belle mise en avant pour l’auteur lyonnais qui dépoussière, voire dynamite la BD franco-belge, avec de multiples interview et plusieurs chroniques sur France inter, première radio de France.

IFFR c’est aussi un site internet qui permet de retrouver l’esprit de la BD, avec des news de l’auteur et des goodies (votre fond d’écran ne va pas s’en remettre.)

Le site internet :

News • Il faut flinguer Ramirez

La chronique (élogieuse et enthousiaste) de Laetitia Gayet dans Bulle de BD :

Il faut flinguer Ramirez (franceinter.fr)

L’interview à base de popopop d’Antoine de Caunes et Carline Roux :

Nicolas Pétrimaux (franceinter.fr)

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette bande dessinée dont j’ai dégusté chaque ligne, chaque case et chaque arrière plan. Une BD explosive et jouissive. Une grande réussite.

Il faut flinguer Ramirez :

  • scénario, dessin et gros mots : Nicolas Petrimaux
  • éditeur : Glénat
  • 2 volumes parus

La prescription du lecteur galactique

Pour cette partie de la chronique dédiée aux conseils de lecture, le docteur Fatale a laissé la main au lecteur galactique qui sévit sur la compte instagram de l’association les Yeux Fermés, association lorientaise dédiée à l’imaginaire et à la culture pop.

Lecteur galactique à vous la parole !

LE LIVRE SANS NOM (auteur anonyme)

Avant IL FAUT FLINGUER RAMIREZ, NICOLAS PETRIMAUX était un débutant dans le milieu de la bande-dessinée, un illustre inconnu qui au travers d’une bande-dessinée, déclare son amour pour la culture populaire, et au cinéma pop-corn des années 80 et 90, de TONY SCOTT à QUENTIN TARANTINO.

Quelques années plus tôt, un autre inconnu a réussi le tour de force de faire publier le premier tome d’une saga devenue culte, le désormais cultissime BOURBON KID.

Publié chez SONATINE, éditeur reconnu pour la qualité des auteurs de son catalogue polar – RJ ELLORY, GILLIAN FLYNN, PAULA HAWKINS, ça vous suffit ? – ça cause d’une petite ville américaine située près de la frontière mexicaine, SANTA MONDEGA, la ville la plus dangereuse du monde. Quand le BOURBON KID débarque dans un bar local, c’est le début des ennuis.

Dans ce roman déjanté, oscillant entre les genres (fantastique, thriller ou western, il y en a pour tous les goûts), on trouve aussi deux moines à la recherche d’une pierre magique, une jeune femme qui sort d’un coma de cinq ans après avoir échappé à une tentative de meurtre, et un inspecteur spécialiste du paranormal.

Une floppée de personnages badass, des gags désopilants, des situations scabreuses, des coups de théâtre font de ce LIVRE SANS NOM une totale réussite qui ne vous laissera pas de marbre !

MUTAFUKAZ de RUN

Pour dénicher de bonnes séries B du côté du huitième art, il faut jeter un coup d’œil du côté du LABEL 619. Studio de création qui réunit certains des dessinateurs les plus talentueux de la nouvelle génération – parmi lesquels figurent RUN, le fondateur, MATHIEU BABLET ou GUILLAUME SINGELIN – et dont l’ambition est de « s’inspirer des univers contemporains, pops et modernes ».

Sur le point de rejoindre un nouvel éditeur, RUE DE SEVRES, le studio a longtemps été associé à l’ambitieuse société ANKAMA, entreprise du nord de la France spécialisée dans la création numérique et artistique. C’est chez eux que fut publié l’un des titres phares du label, MUTAFUKAZ.

Réalisé par le seul RUN, MUTAFUKAZ est une bande-dessinée mutante, qui s’inspire du cinéma de (mauvais) genre, du comics comme du manga, avant de balancer un grand coup de pied aux fesses de la BD franco-belge. De quoi ça cause ? D’une ville américaine violente, DARK MEAT CITY, dans laquelle vit un pauvre livreur de pizza, témoin de l’arrivée des extra-terrestres sur notre bonne vieille planète. Dès lors, il va vivre des aventures extraordinaires en compagnie de son meilleur ami, confrontés à une menace dont ils ne soupçonnent même pas la portée.

Cocktail explosif d’action et d’humour, MUTAFUKAZ est un objet visuel non identifié, à l’ambitieux folle, qui a ouvert une nouvelle page de l’histoire de la bande-dessinée hexagonale, mêlant genres, styles et influences différentes. Une réussite totale !

Le lecteur galactique (@association.lesyeux.fermes)

A vous

Avez-vous lu Il faut flinguer Ramirez ? Connaissez-vous des BD d’action explosives ?

Le lecteur galactique et moi-même vous souhaitons de belles lectures et que l’imagination soit avec vous!

A samedi prochain pour une nouvelle chronique BD.

2 commentaires

  1. Bonjour,

    merci pour ces conseils BD. Les tomes 1 et 2 de « l’adoption » m’ont beaucoup plu. j’attends le tome 3 et ensuite je me lancerai dans la lecture d' »Il faut flinguer Ramirez ». En avant pour une cure de DB, ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps.
    Bon après midi.

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