L’Eden des sorcières, tome 1 et 2

Le manga du vendredi #5

Autrefois, tous les êtres qui peuplaient la terre communiquaient les uns avec les autres. Ils se respectaient mutuellement et vivaient en harmonie avec leur environnement. Jusqu’à ce qu’aparaisse une créature qui allait tout bouleverser… L’homme.

L’éden des sorcières, tome 1 de Yumeji, publié aux éditions Ki-oon

C’est l’histoire de…

Pilly. Pilly vit dans un monde où les plantes et les animaux, ne supportant plus la cruauté de l’homme, se sont réfugiés dans un éden. Le monde n’est plus qu’on spectacle désolé et aride. La végétation subsiste encore dans de rares îlots de verdure. Pilly, jeune fille orpheline, a grandi dans l’un d’eux. Elle est la disciple de la vieille sorcière Toura. L’élève manque cruellement de confiance en elle et n’entend pas la voix des plantes, les armuds. L’enseignant est malade.

L’univers de Pilly s’écroule quand elle introduit le loup dans la bergerie et qu’un scientifique et un poignée de soldats détruisent son repaire.

Commence alors un voyage vers un lieu sûr : l’éden des sorcières.

L’auscultation du Dr Fatale

Une création 100% Ki-oon

Ne cherchez pas une pré-publication dans un magazine japonais. L’éden des sorcière fait partie de ces licences 100% Ki-oon et est donc un manga réalisé par un auteur, ici Yumeji, en partenariat avec la maison d’édition Ki-oon. A ce jour, la série comporte deux volumes, le premier paru en juillet 2021 et le deuxième en novembre 2021. Les éditions Ki-oon offrent généralement des mangas avec un rythme de parution assez soutenu et le tome 3 est déjà annoncé pour mars 2022.

Contrairement à Rumiko Takahashi dont je vous parlais la semaine dernière dans la chronique sur Maison Ikkoku et qui a été soutenue par un éditeur dès le début de sa carrière, la mangaka Yumeji a un parcours moins linéaire. Après des études de manga, elle occupe un poste d’assistante pour des mangakas spécialisés dans le genre horrifique et espère développer sa carrière chez un grand éditeur japonais. Comme tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait, l’expérience n’est pas concluante et Yumeji opère alors une reconversion professionnelle et devient puéricultrice.

L’envie de redessiner ne meurt pas tout à fait et la reprend quand elle découvre l’anime Pretty Cure. Elle réalise des recueils d’histoires dérivées de l’anime au Comiket (convention de fanzine à Tokyo) et est repérée par les équipes de Ki-oon qui lui proposent la création de son premier manga professionnel. Ce qu’elle réalise en parallèle de son travail en crèche.

Ce manga, c’est l’Eden des sorcières et c’est tout à fait réussi.

Le pouvoir des plantes

Le concept de départ est celui d’un univers quasiment déserté par la vie du fait des hommes. Plantes et animaux se sont repliés dans des repaires secrets et protégés. Les sorcières vivent dans ces lieux préservés et communiquent avec les végétaux appelés Armuds.

Au début du récit, Pilly souffre d’un manque de confiance en soi et n’a pas encore entendu les Armuds. Elle vit en autarcie dans son havre de verdure avec Toura qui l’élève et l’instruit. Sa première rencontre avec le monde des humains va se solder par un désastre mais aussi la naissance d’une Bête, être mi-animal et mi végétal nommé Oak.

Le premier volume met en place l’intrigue et les personnages. Pilly y est principalement confrontés aux humains et découvre que les sorcières sont persécutées.

Le second volume la confronte à d’autres sorcières et permet au personnage principal de progresser et au lecteur de découvrir un univers plus vaste et aussi plus dangereux.

La mangaka esquisse cette fable écologique d’un trait fin et précis. Elle excelle dans la réalisation des paysages, qu’ils soient montagneux et désertiques ou végétalisés et luxuriants. Certaines doubles pages sont somptueuses. Dans le premier volume, je trouvais les personnages humains pas toujours très beaux mais le trait évolue déjà dans le second volume et je n’ai pas retrouvé ce tout petit défaut. L’intrigue de quête initiatique pourrait paraitre simple mais elle est traitée ici dans un univers de dark fantasy qui la rend tout à fait passionnante.

Le récit est bien rythmé et les personnages bien campés. L’antagoniste se révèle machiavélique, le personnage secondaire représenté par Oak accompagne l’héroïne avec une certaine bougonnerie et un très grand sens de l’honneur.

J’avais aimé le premier tome et attendait le second pour savoir si L’éden des sorcières valait le coup d’être suivi sur la durée. J’ai été complétement convaincue avec le tome 2 et j’attends donc la parution du troisième volume avec impatience. L’éden des sorcières est une série à suivre !

La prescription du Dr Fatale

L’atelier des sorciers chez Pika éditions.

Résumé de l’éditeur :

Coco a toujours été fascinée par la magie. Hélas, seuls les sorciers peuvent pratiquer cet art et les élus sont choisis dès la naissance. Un jour, Kieffrey, un sorcier, arrive dans le village de la jeune fille. En l’espionnant, Coco comprend alors la véritable nature de la magie et se rappelle d’un livre de magie et d’un encrier qu’elle a achetés à un mystérieux inconnu quand elle était enfant. Elle s’exerce alors en cachette. Mais, dans son ignorance, Coco commet un acte tragique !

Dès lors, elle devient la disciple de Kieffrey et va découvrir un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence !

L’atelier des sorciers livre un récit de formation où une adolescente découvre la magie et son enseignement. Outre que l’on retrouve des personnages de sorcières, le trait de Kamome Shirahama est assez proche de celui de Yumeji. La publication de cette série a commencé en 2018. Elle compte à ce jour 7 volumes.

Nausicaa de la vallée du vent de Hayao Miyasaki

Unique bande dessinée du maître de l’animation japonaise, Nausicaa de la vallée du vent mais en scène une héroïne à la fois forte et fragile évoluant sur une Terre inhospitalière envahie par une forêt qui exhale des vapeurs toxiques.

Elle contient déjà les thèmes chers à Miyazaki que l’on retrouvera d’ailleurs dans Princesse Mononoke : la nature rebelle et la nécessité de la respecter.

A vous

Avez-vous lu l’Eden des sorcières ? Connaissez-vous d’autres récits de sorcellerie ou de dark fantasy en manga?

Que l’imagination soit avec vous et à la semaine prochaine pour une nouvelle chronique manga !

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