Les Rêveurs, Tome 1. Le Réveil des anciens dieux

Une œuvre dispensable et oubliable

Parfois je m’interroge sur mes choix de lecture. Je me définis comme une lectrice d’imaginaire et j’ai déjà lu plusieurs œuvres de ce genre littéraire. En revanche j’ai encore quelques lacunes. Par exemple, je n’avais encore rien lu du couple Eddings connu pour leurs séries de High Fantasy La Belgariade et la Mallorée. Mais il semble que j’aie choisi leur plus mauvaise saga pour faire connaissance. Je vous raconte tout ça.

Incipit

Zelana de l’Ouest avait fini par se lasser des brutes mal dégrossies qui grouillaient dans son domaine.

David et Leigh Eddings

C’est l’histoire de …

D’un monde magique où humains, créatures surnaturelles et Dieux vivent ensemble. C’est plus particulièrement l’histoire du pays de Dhrall, divisé en 4 domaines dirigés par 4 anciens dieux. Selon un cycle immuable, ces 4 dieux arrivent au bout de leur règne et 4 nouveaux dieux vont se réveiller d’un long sommeil pour prendre la relève.

Pendant cette période d’assoupissement des Dieux en poste et de phase de réveil des petits nouveaux, les domaines sont des proies faciles pour l’ennemi juré, celui que l’on nomme le Vlagh, créature malveillante qui règne sur une armée d’insectoïdes et de reptiloïdes.

Pour contrer la menace, arrivent les Rêveurs qui ont le contrôle des éléments. Mais pour l’heure, ils ne sont encore que de tout jeunes enfants.

L’auscultation du Dr Fatale

De la High Fantasy à quatre mains

Les rêveurs constituent la dernière tétralogie du couple Eddings. Pour David Eddings tout commença par un échec, celui de son premier roman. Il découvre alors Le Seigneurs des anneaux de Tolkien. Très impressionné par cette œuvre, il décide de créer son propre univers de fantasy. Il semble que dès le début, il soit épaulé dans la rédaction de son récit par sa femme Leigh. Mais elle ne sera initialement pas créditée sur la couverture des différents volumes de la Belgariade. Elle le sera en revanche pour les sagas suivantes.

En 2003, alors âgé de 70 ans, le couple se lance dans la rédaction de ce qui sera leur dernier cycle, Les Rêveurs.

Ce cycle s’inscrit dans le genre de la High Fantasy. Il s’étale sur plusieurs livres et se veut une épopée héroïque se déroulant dans un univers féérique dans lequel se côtoient les humains et les Dieux. Ce monde imaginaire possède son Histoire propre et sa mythologie, lourdement présentées dans la Préface. On y retrouve l’appartenance du héros à une communauté dont il devient le leader en menant une guerre contre les forces du mal.

De la High Fantasy ratée

Maintenant que je vous ai brièvement donné les codes de la High Fantasy, je vais vous dire en quoi ce roman est totalement raté.

On l’a vu, la High Fantasy se définit par de longs cycles permettant de décrire minutieusement l’Histoire, la mythologie et la civilisation du monde imaginaire créée. Cette mission là est torchée en deux pages dans une préface lourde. Vous ne trouverez donc pas de description, pas d’atmosphère, rien pour ancrer le récit dans un paysage ou dans un univers.

A la lecture de la préface j’ai d’ailleurs eu peur, me disant que si tout le livre était du même tonneau, j’allais souffrir. Par la suite, j’ai failli m’arrêter à la première page, ce qui est plutôt rare pour moi. Je fais parti de ces lecteurs qui lisent jusqu’au bout (allez savoir pourquoi on s’inflige cela).

Vient ensuite la présentation des personnages. Chaque début de partie résume l’histoire d’un personnage et comment il en arrive à faire partie de cette épopée. De ce fait, les protagonistes ne sont que très peu caractérisés. Aucun ne sort du lot et il semblent tout interchangeables.

La communauté existe bel et bien. Plusieurs entités sont réunies pour une même mission. Un héros doit se dégager. La tétralogie s’appelle les Rêveurs mais ce ne sont visiblement pas eux les vrais héros de l’affaire mais plutôt Arc-Long, archer émérite qui ne rate jamais sa cible et qui prend le lead. Les rêveurs et leurs talents supposés sont d’ailleurs bien peu exploités mais je vais vous faire une confidence : vu leur puissance, la crise serait réglée en deux minutes et il n’y aurait pas d’histoire. Donc on brode.

Un récit bavard

Qu’est ce qui fait une bonne histoire?

  • Des personnages bien construits avec des forces, des failles, des dilemmes et des conflits.
  • Un méchant inoubliable. On se souvient tous de lord Voldemort dans Harry Potter par exemple ou de Dark Vador dans Star Wars.
  • Un héros sur le fil du rasoir qui pourrait à tout moment basculer du côté obscur.
  • Un univers détaillé, précis, immersif

Vous ne trouverez rien de tout ça dans ce roman. Par contre, vous allez lire du dialogue dans une quantité que je n’avais encore jamais vu dans un livre. Il n’y a quasiment que ça. Et il ne sont pas terribles en plus.

Quand au rythme du récit, on est proche de l’encéphalogramme plat. Pas de belles scènes d’action, pas de moment de tension, je cherche encore le climax et la fin ne laisse aucune émotion résiduelle si ce n’est le soulagement d’en être venu à bout.

Mon avis en quelques lignes

Un roman franchement raté comme un exemple de ce qu’il ne faut pas écrire. Dommage pour un couple d’auteurs réputés de finir sur cette saga. Je m’arrête donc avec ce premier volume et ne lirai pas la suite de la tétralogie qui si j’en crois les avis des babelionautes ne s’améliore pas. Je suis déçue, déçue, déçue.

La prescription du Dr Fatale

  • Le Seigneur de anneaux de J.R.R Tolkien qu’on ne présente plus et qui reste un modèle du genre. Sa lecture m’a profondément marquée, j’en garde un grand souvenir.
  • La roue du temps de Robert Jordan, la saga fleuve actuellement adaptée en série et diffusée sur Prime Video.
  • La trilogie des elfes de Jean-Louis Fetjaine, une réécriture de la mythologie arthurienne à la sauce High Fantasy

A vous !

Etes-vous amateur(trice) de High Fantasy ? Connaissez-vous les sagas du couple Eddings ? Quelle est votre dernière lecture décevante ?

Dites-moi tout dans les commentaires.

Je vous souhaite de bonnes lectures et que l’imagination soit avec vous !

3 commentaires

  1. J’adore tous les cycles de Fantasy des Eddings (y compris Althalus que je trouve très fun, même s’il est objectivement pas très intéressant)… sauf celle-ci, que je n’ai jamais réussi à finir T_T

    • J’ai parcouru le forum Elbakin à propos des Rêveurs. Pas un lecteur pour sauver la saga. Mais ton commentaire me rassure, je pourrais dépasser cette mauvais expérience en lisant la Belgariade 😊 (un jour futur…)

      • Par contre le côté beaucoup de dialogues reste très présent quel que soit le cycle. Si le style d’humour te parle c’est très drôle, sinon bah 😅 la belgariade (l’un de mes cycles de fantasy préférés, sans doute en partie par nostalgie) est plus humoristique que la trilogie des joyaux dans mon souvenir.

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