Dune T3. Les enfants de Dune

Dune 2.0 et lecture commune

Alors que Denis Villeneuve annonce la suite de son adaptation cinématographique de la saga Dune pour fin 2023, je poursuis de mon côté la lecture de ce cycle de Science-fiction écrit par Franck Herbert dans les années 70. Pour ce tome 3, j’ai été accompagnée dans mon exploration par Adlyn Drath du blog Un rat des villes pour une toute première lecture commune.

Incipit

Une tache de lumière apparut sur l’épais tapis rouge qui recouvrait le sol de roche brute de la grotte.

Dune T3. Les enfants de Dune, Franck Herbert

C’est l’histoire de…

la planète Dune et des enfants de Paul Atréides, Leto et Ghanima.

Rappelez-vous, à la fin du volume précédent (et je vous conseille de vous arrêtez là si vous n’avez pas lu le Messie de Dune), Chani mourrait en donnant naissance à ses enfants, les jumeaux Leto et Ghanima, et Paul, guidé par ses visions mais devenu aveugle, s’éloignait dans le désert hostile comme un pauvre cow-boy solitaire.

L’intrigue des enfants de Dune se déroule 9 ans après celle du Messie de Dune. On retrouve Stilgar, le bras droit de Paul Atréides, veillant sur les enfants de son ancien chef. Ils n’ont d’enfant que le nom et l’apparence car en fait, les jumeaux sont, comme leur tante Alia, des pré-nés qui hébergent en eux toute la mémoire de leurs ancêtres.

Alia assure la régence sur une planète en crise, à la morphologie changeante car en pleine « terraformation » si j’ose dire. Désignée depuis sa naissance comme l’Abomination, elle est sur le fil du rasoir et pas loin de succomber à la malédiction des pré-nés. A savoir, être possédée par la mémoire d’un des ancêtres qui l’habitent.

Les enfants de Dune voient revenir des personnages que l’on n’avait pas vu dans le tome précédent et qui nous avaient un peu manqué, c’est vrai. Je pense surtout à Jessica, mère de Paul, grand-mère des jumeaux et membre éminent du Bene Gesserit. Jessica fait un retour remarqué sur Dune en compagnie de Gurney Halleck. Mais comme toujours, rien n’est gratuit sur Dune, l’intention politique n’est jamais loin et Jessica n’est pas une mamie gâteau.

Mon avis

Dune, une planète de complots mystiques

Ce troisième volume de Dune écrit par Franck Herbert et publié en 1976 démarre fort. Dès le début, on sent les nombreuses menaces qui pèsent sur les héritiers Atréides. La menace est comme toujours intérieure mais aussi extérieure.

Quand on dit « intérieur » concernant les Atréides, c’est aussi à double tranchant. Le danger vient du clan. Alia, Stilgar, les fremen, Jessica et le Bene Gesserit tous sont autant de menaces potentielles, mais aussi du psychisme des jumeaux, hanté par les mémoires de leurs ancêtres et donc de leurs parents, grands parents et arrières grands parents, tous assez disposés à vivre une nouvelle vie par l’entremise du corps des jumeaux.

Dune est une menace en elle-même. La planète change. On se rappelle cette sécheresse légendaire, le sable à perte de vue, sillonné par des vers géants qui fabriquent la fameuse épice qui fait toute la richesse et la puissance géo politique de Dune. Seulement voilà, la planète verdit et parfois même, il pleut! La survie des vers est mise en péril et avec elle, la position de Dune dans l’Empire.

Un nouveau personnage semble aussi vouloir perturber la paix des Atréides et notamment d’Alia. Un homme mystérieux, nommé le Prêcheur, vient jouer la mouche du coche par des sermons mettant en péril l’idéologie religieuse de Dune.

Et rappelons-nous. Paul avait ravi le pouvoir à une autre grande famille. Il s’avère que cette famille a non seulement un peu de mémoire revancharde, mais aussi un héritier!

Une lecture dense

Je lis la saga Dune en grand format dans l’édition du cinquantenaire de Robert Laffont dans la collection Ailleurs et Demain. Les livres sont magnifiques, imprimés sur du papier de qualité avec une couverture cartonnée et gaufrée. Après un deuxième tome un peu plus fin, celui ci est à peu près du même gabarit que le premier volume pour quasiment 600 pages.

J’ai mis environ 3 semaines à le lire. Cette lecture longue est due en grande partie (outre que je ne fais pas que ça de mes journées malheureusement), à la densité de l’écriture de l’auteur. J’ai trouvé ce récit plus organique que le précédent. J’ai eu l’impression d’être davantage immergée dans les décors, les bruits, les odeurs de la planète. D’autant que dans ce tome, l’auteur reprend les considérations écologiques abordées dans le premier opus et les descriptions des changements climatiques ambiancent très bien le récit.

Le récit est dense mais aussi dynamique en cela que l’action porte dans des lieux différents et que nous suivons selon les chapitres des personnages différents. L’auteur développe plus finement le concept des pré-nés et l’on comprend bien mieux les problématiques des personnages et donc les enjeux. Il reste cependant des passages toujours très obscures pour moi quand Franck Herbert se lance dans des paragraphes touchant à la mystique de Dune. J’y ai vu aussi plus de scènes d’action même si l’auteur a souvent tendance à éluder l’action par des ellipses.

Les complots politiques sont au premier plan. On ressent dès le début l’atmosphère menaçante planer au dessus des personnages. Tous sont sur le fil du rasoir, tout peut déraper à tout moment. Cette tension du récit se relâche cependant à la moitié du volume mais le rythme s’accélère à nouveau pour un final dont je ne me suis toujours pas remise.

Dans mon article sur le premier volume de Dune, j’avais reproché une certaine froideur aux personnages. Plus de ça ici, les protagonistes ont bien plus d’affects et sont même parfois émouvants. Oui, oui, je dis bien « émouvant ».

J’ai essayé de conserver un rythme de lecture régulier pour ne pas perdre le rythme. Adlyn Drath, ma co-lectrice a eu une petite interruption en cours de route qui n’a manifestement pas eu d’impact sur son confort de lecture. (Elle a même avalé la fin du livre bien plus vite que moi.)

Première lecture commune

Lire Dune à deux a été une très bonne expérience. Chacune a lu à son rythme. Nous n’avions pas fixé d’objectif de pages à lire ni de dead line à notre lecture. Ce fut très bien ainsi. Débriefer nos ressentis a aussi permis d’y voir plus clair dans une lecture complexe. Cela a aussi mis en lumière le seul défaut de la version grand format de Dune, à savoir l’absence de numérotages des chapitres, ce qui a rendu les échanges sur ma progression un peu moins évidents 😅.

Les enfants de Dune est donc un bon troisième volume, dense mais bien construit, aux personnages et intrigues variées, bien plus compréhensible que les tomes précédents, plus organique aussi avec un poil plus d’action, une atmosphère bien plantée et un univers qui évolue et s’élargit.

Je vais attendre un peu pour lire la suite. Déjà parce qu’il faut que j’attende la publication en grand format pour compléter la collection mais aussi pour en sortir un peu. J’ai envie de lecture plus légère, plus fraiche, peut-être plus printanière.

Pour découvrir l’univers de ma co-lectrice Adlyn Drath, vous pouvez visiter :

A vous !

Pas de prescription du Dr Fatale dans cet article. Je vous donne donc directement la parole. Avez-vous lu la saga de Dune en entier? Si oui, quel est le volume qui vous a le plus marqué? Si non, pourquoi l’avez-vous laissé de côté?

Dites moi tout en commentaires !

Je vous souhaite de bonnes lectures et que l’imagination soit avec vous!

4 commentaires

  1. J’arrive avec beaucoup, beaucoup de retard (honte sur moi) mais je lis ton avis avec au moins autant de plaisir ! Je n’ai pas grand chose à ajouter, car on a eu un ressenti très similaire sur cette lecture. Et tu m’as fait prendre beaucoup de perspectives, m’interroger sur des points sur lesquels je ne me serais pas forcément arrêtée sans toi, ce que j’ai trouvé génial.
    Mais comme toi : la suite attendra un peu avant que je me décide à la sortir ! ^^’

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