Maison Ikkoku, tome 1

le manga du vendredi #4

Ras-le-bol! Je me tire!

Incipit de Maison Ikkoku, tome 1 de Rumiko Takahashi

C’est l’histoire de…

la maison Ikkoku, pension de famille peu reluisante au début du récit, de ses locataires pittoresques et de leur fabuleuse gardienne, Kyoko Otonashi.

L’auscultation du docteur Fatale

Quand je me promène en librairie, je remarque que nous vivons une ère de rééditions de manga dans de beaux formats et réunissant souvent deux volumes de l’édition originale. Ainsi nous avons eu la chance de voir revenir, Akira, 20th century Boy, Fruits Basket, Beck, L’école emportée et bien d’autres.

Les mangas apparaissent aussi depuis quelques années dans les sélections officielles des prix consacrés à la bande dessinée. Ainsi Rumiko Takahashi, la talentueuse mangaka aux 200 miilions d’exemplaires vendus dans le monde, s’est vue récompensée en 2019 du grand prix d’Angoulême.

Suite à cette récompense, les éditions Delcourt – Tonkam, rééditent en version collector Ranma 1/2 puis Maison Ikkoku dont nous allons parler aujourd’hui.

Au commencement de la success story de Rumiko Takahashi

Maison Ikkoku est la deuxième grande oeuvre de son autrice, la mangaka Rumiko Takahashi. Rumiko Takahashi est née en 1957. Ses deux frères et elle-même sont amateurs et lecteurs de manga. Quand elle s’inscrit à l’université, elle suit aussi des cours du soir de l’école Gekiga Sonjuku, une école à destination des futurs mangaka. Une première série voit le jour en 1978 : Urusei Yatsura. Les premiers épisodes publiés dans le magazine Shonen Sunday suscitent un intérêt mitigé mais l’éditeur a confiance et la publication de la série se poursuit. Et c’est le jackpot puisque 22 millions d’albums seront vendus en 9 ans.

En France, le manga a été publié par les éditions Glénat en 2005. Voici la couverture du tome 1.

Et devinez quoi ?
  1. les éditions Glénat lui ont offert en 2020 une édition Perfect Color en 2 volumes qui présente les chapitres contenant les pages couleurs de la série. Une sorte de « best of ».
  2. Lamu, que certains comparent aux monthy Python pour ce qui est de l’humour fera son grand retour en anime en 2022.

Mais revenons à Maison Ikkoku. Rumiko Takahashi a réussi une entrée fracassante dans le milieu du manga. Elle n’en restera pas là. Une nouvelle aventure démarre avec la parution dans le magazine Big Comic Spirit de Mezon Ikkoku en 1980.

Une comédie romantique en 10 épisodes

Les lecteurs de Big Comic Spirit sont un peu plus âgés que ceux de Shonen Sunday. Rumiko Takahashi s’adapte et propose à ses lecteurs l’histoire de Godaï. Godaï habite dans la pension de famille Ikkoku. Laquelle a triste allure. Le gardien ne fait pas bien son job et la pauvre maison souffre de ses vitres cassées, de fuites d’eau catastrophiques et de murs pas bien épais.

Godaï manque de méthode dans son travail et est en plus constamment détourné du droit chemin par les autres locataires de la maison Ikkoku. Akemi se trimballe en tenue légère, monsieur Yosutsuya est un pervers voyeur et sans gêne, madame Ichinose aime faire la fête et s’alcooliser et son fils, bah c’est un gosse dynamique.

Après un Nième échec à un examen blanc, Godaï pète un câble et menace de quitter la pension. Mais son projet est contrarié par l’arrivée de la nouvelle gardienne, Kyoko qui s’avère aussi compétente et sensée que belle et gentille. Autant de qualités qui retiendront Godaï au sein de la maison Ikkoku au péril de son avenir estudiantin.

Au programme de cette comédie romantique, le triangle amoureux, les quiproquos, des rivaux en tous sens, des personnages truculents et sans gêne, des entremetteurs à qui on avait rien demandé et l’ombre du passé de la belle Kyoko.

La série s’étendra de 1980 à 1987, s’étendra sur 10 volumes, connaitra un grand succès et une adaptation en anime que les enfants du club Dorothée connaissent sous le nom de Juliette, je t’aime.

La « patte » de Rumiko Takahashi

Rumiko Takahashi fait partie de ces mangakas dont le trait est immédiatement identifiable. Il en est de même pour Naoki Urasawa et Akiko Higashimura dont je vous parlais dans la chronique sur Tokyo Tarareba Girls.

Quand j’ai ouvert le manga, j’ai eu un petit choc. Le dessin fait daté, on voit tout de suite que c’est un manga des années 80 et j’y vois l’influence d’Ozamu Tezuka. Rapidement le dessin s’affirme et je retrouve ce trait que j’ai tant aimé dans Ranma 1/2.

Le récit est une succession de courts chapitres avec comme fil conducteur l’admiration amoureuse de Godaï pour Kyoko, ses échecs scolaires, l’irruption incessante des voisins et sa relation naissante avec Kyoko. Si facebook avait existé en ce temps là, le statut de leur relation aurait été : « c’est compliqué ». Car Kyoko a un passif amoureux, Godaï est godiche et rapidement un rival arrive sur le marché.

Mon avis en quelques lignes

J’ai aimé découvrir une des œuvres fondatrices de cette éminente et reconnue mangaka. J’ai été parfois gênée quand même car sous couvert d’humour, le comportement de certains personnages est à la limite du harcèlement sexuel. On va dire que certains d’entre eux ont une belle marge d’amélioration devant eux.

Je n’ai pas eu le coup de coeur que j’attendais mais c’est un bon premier tome, et l’histoire l’a déjà montré avec la série précédente de Rumiko Takahashi, il faut persévérer dans la lecture, le meilleur est à venir. J’ai donc le deuxième tome avec moi, on en reparlera très bientôt. Et comme je suis curieuse, j’ai presque envie d’aller voir ce que donne Lamu, l’oeuvre de jeunesse de la mangaka.

La prescription du Dr Fatale

Comme je le mentionnais en introduction, de nombreuses excellentes séries sont republiées ou en cours de republication. Ce sont ces séries de manga fondatrices pour la lectrice que je suis que je souhaite vous conseiller.

20th century boys, Perfect Edition de Naoki Urasawa

La fameuse série de Naoki Urasawa, Fauve D’Angoulême – meilleure série en 2004 et son inoubliable Kenji, ici en couverture.

La collection initiale chez Panini comportait 22 volumes. Il a déjà été réédité en collection Deluxe en 11 volumes. La collection perfect comporte des pages couleurs, une traduction modernisée et une fin inédite.

Résumé de l’éditeur :

Kenji est un commerçant lambda qui a repris le magasin familial. La police vient un jour l’interroger sur la disparition de la famille de l’un de ses clients. Le seul indice est un mystérieux symbole dessiné à côté d’une porte. Kenji ne se sent pas particulièrement concerné, jusqu’au jour où Donkey, un ami d’enfance, lui demande s’il se souvient de ce symbole. Kenji explore alors la vie de Donkey, son passé et celui du groupe d’amis dont il faisait partie dans sa jeunesse. Il découvre bientôt l’existence d’une organisation clandestine que dirige l’énigmatique Ami et qui utilise le symbole lié au passé de Kenji comme signe de ralliement. Une série qui n’est plus à présenter ! Ce thriller passionnant s’est vu décerner le prix des éditions Kodansha, fait rarissime puisqu’il était publié par un autre éditeur. En France, le manga de Naoki Urasawa a reçu le prix du meilleur scénario Angoulême 2004 et a été couronné d’un Japan Expo Awards en 2008.

Beck de Harold Sakuichi

Beck est certainement l’un des mangas qui m’a le plus émue. Il met en scène Yukio, jeune garçon timide et effacé mais à la voix d’or repéré par le leader d’un groupe de rock. Nous voilà immerger dans l’univers des rockers indés japonais. Le tour de force c’est que le mangaka arrive à nous émouvoir avec le chant de Yukio que par définition on n’entend pas. Les couvertures étaient sympa comme tout et le 4è de couv détournait une pochette de disque emblématique du rock.

Beck est actuellement en cours de réédition par Delcourt-Tonkam en éditions double qui réunira les 34 volumes initiaux en 17 volumes de quasiment 400 pages chacun.

Ranma 1/2 de Rumiko Takahashi

Très connu pour son anime, Ranma 1/2 est un manga culte qui retrace les aventures de Ranma Saotome, sémillant jeune homme affligé d’une malédiction. Le simple contact de l’eau le métamorphose en homme ou en femme selon la température du liquide.

Pas facile quand on est lycéen, sportif et qu’on est hébergé dans une famille où il y a 3 filles.

A vous !

Par le biais de anime ou des mangas, vous connaissez certainement l’oeuvre de Rumiko Takahashi. Qu’en pensez-vous? Aimez-vous ses mangas? Quelle série que vous adorez souhaiteriez-vous voir rééditée?

Je vous souhaite de belles lectures et que l’imagination soit avec vous!

A la semaine prochaine pour une nouvelle chronique manga.

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