Maître des Djinns

Steampunk et uchronie dans la capitale égyptienne

Incipit

Archibald James Portendorf n’aimait pas les escaliers.

Maitre des Djinns, P. Djeli Clark

C’est l’histoire de …

Fatma, el-Sha’arawi enquêtrice du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. La totalité des membres d’un collectif de gentlemen se faisant appeler la fraternité d’al-Jahiz est retrouvée assassinée. La scène de crime sent l’embrouille et la magie à plein nez, c’est donc à Fatma qu’échoit l’enquête. Et quand les premiers éléments orientent vers al-Jahiz lui même, ce n’est pas sans poser quelques problèmes de vraisemblance car al-Jahiz, celui qui a libéré les Djinns il y a cinquante ans, a disparu depuis de biens longues années et serait âgé aujourd’hui de plus de 100 ans. Fatma est bien décidée à mettre la main sur cet usurpateur assassin.

L’auscultation du Dr Fatale

J’ai rencontré ce livre pour la première fois sur le blog Au pays des caves troll dans l’article de repérage des sorties littéraires de février 2022. La couverture m’a immédiatement séduite et a déclenché l’envie de lecture.

Maitre des Djinn est le premier (long) roman de son auteur, P. Djeli Clark déjà connu des lecteurs comme auteur de nouvelles se déroulant dans une Egypte uchronique. Ce roman, comme les recueils de nouvelles précédents, est publié par les éditions Atalante.

Je n’ai pas (encore) lu ces nouvelles. Le roman peut se lire indépendamment des récits précédents. J’ai vu plusieurs blogueurs conseiller de lire les nouvelles auparavant et ils ont sans doute raison.

Retrouvailles avec un univers fictionnel

Dans Maître des Djinns, P. Djeli Clarke renoue avec un univers et des personnages déjà présentés dans le recueil de nouvelles Les Tambours du Dieu Noir. L’intrigue se déroule au Caire en 1912. Dans cet univers, les Djinns vivent au contact des humains depuis une cinquantaine d’années et l’Egypte est une nation d’une grande puissance dans le fragile équilibre mondial. Nous voilà donc plongés dans un monde aux éléments steampunks peuplé d’entités surnaturelles, les djinns, mais aussi d’Anges aux ailes mécaniques qui semblent vouloir contrôler la bonne marche de l’univers. Dans la précédente nouvelle, Fatma sauvait le monde menacé par un Ange renégat. Elle était assistée par Siti, disciple de la prêtresse Hator. Car dans les écrits de P. Djeli Clark, on n’oublie pas les Dieux de l’Egypte ancienne aussi facilement.

Ce décor a aussi servi pour la novella Le mystère du tramway hanté, finaliste des prix Hugo, Nebula et Locus. Les lecteurs de ce court roman retrouveront quelques uns des personnages principaux dans Maître des Djinns.

Un style enlevé pour une enquête rythmée

Tout le roman repose sur les épaules de Fatma. Accoutrée d’un complet très britannique et masculin, la jeune femme jouit d’une excellente réputation d’enquêtrice mais aussi d’un caractère fort. Elle enquête en solo. Le croit-elle, car elle est en fait souvent épaulée par Siti (qui cache quelques secrets) et surtout sa hiérarchie lui désigne une coéquipière.

L’écriture efficace, fluide entraine le lecteur dans un Caire coloré et animé, peuplé de créatures magiques un brin caractérielles. Une caractéristique des djinns sans doute car dans tous les romans les mettant en scène, ils font preuve d’un caractère rebelle et très premier degré. Le ton n’est pas dépourvu d’humour mais on sent bien qu’on est pas là pour se tourner les pouces. Il y a donc de l’action, des confrontations, de la bagarre, de la destruction et des artéfacts magiques.

L’enquête policière si l’on peut dire tant les méthodes sont peu orthodoxes permet également d’aborder les thèmes du droit des femmes, de la féminisation des professions et de la collaboration entre individus. Elle est cependant sans surprise et c’est là où le bât blesse.

Mon avis en quelques lignes

J’avais de fortes attentes pour Maitre des Djinns. J’avais entendu du bien de l’auteur, la couverture et le résumé ont fini de m’allécher et j’avais donc très envie de lire le roman. J’ai apprécié la création d’un univers steampunk égyptien, le caractère uchronique du récit, la flamboyance de l’univers. Au début il m’a manqué un peu de langage du cru et j’ai eu du mal à entrer dans le récit (probablement plus à cause de ma lecture précédente qui me trottait dans la tête que du fait de l’auteur). Puis finalement, cet orientalisme cosmopolite m’a attrapée.

Je regrette en revanche un récit centré sur l’action avec une intrigue un peu trop linéaire à mon goût. L’héroïne est presque trop badass et je ne l’ai pas trouvée souvent en difficulté. J’ai finalement l’impression d’avoir lu un blockbuster efficace là où j’attendais plus de subtilité. Concernant l’enquête, j’avais trouvé le coupable assez rapidement et bien avant le climax. J’y ai vu également un petit clin d’oeil au Seigneur des anneaux (ça m’a presque fait rire d’ailleurs). Vous me direz si comme moi vous y avez pensé à la lecture du roman.

C’est un univers que j’aurai plaisir à retrouver dans un autre roman mais j’apprécierai une intrigue un peu plus complexe.

Ils en parlent aussi

P. Djèli Clark – Le maître des djinns – Zoé prend la plume (zoeprendlaplume.fr)

Maître des djinns, Phenderson Djèli CLARK – Le nocher des livres (wordpress.com)

Maître des Djinns – P. Djèli Clark | Le culte d’Apophis (lecultedapophis.com)

La prescription du Dr Fatale

La trilogie de Bartimeus de Jonathan Stroud

Vous avez cru comprendre qu’il était difficile de traiter avec un djinn : attendez de rencontrer Bartimeus, le djinn le plus colérique du monde.

Résumé de l’éditeur :

 Londres, XXIe siècle. La ville est envahie de magiciens qui font appel à des génies pour exaucer leurs désirs. Lorsque le célèbre djinn Bartiméus est appelé par une puissante invocation, il n’en croit pas ses yeux : l’apprenti magicien Nathaniel est bien trop jeune pour solliciter l’aide d’un génie aussi brillant que lui ! De plus, cet adolescent surdoué lui ordonne d’aller voler l’Amulette de Samarcande chez le puissant Simon Lovelace. Autant dire qu’il s’agit d’une mission suicide. Mais Bartiméus n’a pas le choix : il doit obéir. Le djinn et le magicien se trouvent alors embarqués dans une périlleuse aventure…

Je garde un excellent souvenir de cette saga jeunesse que j’avais dévorée.

La trilogie des maitres enlumineurs de Robert Jackson Bennett

Dans Maître des Djinns, cette histoire d’un Ancien qui revient en mode tout énervé pour prendre le pouvoir m’a fait penser à la trilogie des Maitres enlumineurs. Dans les deux tomes parus à ce jour vous trouverez de l’action, des personnages au langage fleuri et un world – building de folie. Ici aussi l’univers emprunte au steampunk pour un récit mené tambour battant.

Résumé de l’éditeur :

Toute l’économie de l’opulente cité de Tevanne repose sur une puissante magie : l’enluminure. À l’aide de sceaux complexes, les maîtres enlumineurs donnent aux objets des pouvoirs insoupçonnés et contournent les lois de la physique. Sancia Grado est une jeune voleuse qui a le don de revivre le passé des objets et d’écouter chuchoter leurs enluminures. Engagée par une des grandes familles de la cité pour dérober une étrange clé dans un entrepôt sous très haute surveillance, elle ignore que cet artefact a le pouvoir de changer l’enluminure à jamais : quiconque entrera en sa possession pourra mettre Tevanne à genoux. Poursuivie par un adversaire implacable, Sancia n’aura d’autre choix que de se trouver des alliés.

Au service surnaturel de sa majesté de Daniel O’Malley

Vous avez aimé l’idée d’un ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles? Saviez-vous qu’il existait une structure équivalente quoique bien plus secrète à Londres?

La Checquy est une organisation secrète chargée de combattre les forcent surnaturelles qui menacent la couronne britannique.

Une version de 007 surnaturelle et déjantée.

Résumé de l’éditeur :

Lorsqu’elle reprend conscience dans un parc de Londres, entourée de cadavres d’hommes en costume portant des gants en latex, Myfanwy Thomas ne se souvient de rien. D’après la lettre qu’elle a trouvée dans sa poche, elle savait qu’elle allait perdre la mémoire et s’est laissé tous les indices nécessaires pour découvrir qui veut l’éliminer.
Elle rejoint ainsi la Checquy, une organisation secrète chargée de combattre les forces surnaturelles qui menacent la Couronne britannique. Au sein de cette version paranormale du MI5 anglais, la jeune femme, entourée de surdoués aux pouvoirs plus que spéciaux, devra se frayer un chemin dans un univers semé d’embûches et lever le voile sur une conspiration aux proportions inimaginables…

Et vous ?

Avez-vous lu Maitre des Djinns ? Ce roman vous tente-t-il? Connaissez-vous déjà l’auteur ?

Dites-moi tout en commentaires 🙂

Je vous souhaite de bonnes lectures et que l’imaginaire soit avec vous!

2 commentaires

  1. Il me tente même si je regrette que, d’après ton avis, le tout ne soit pas plus subtil, sortant tout juste d’un thriller calibré sauce blockbuster…
    Quant à La trilogie de Bartimeus, je note ! Elle ne me dit rien du tout cette série.

    • Je n’ai pas encore lu les nouvelles de P. Djeli Clark. J’ai l’impression qu’elles ont plus emporté l’adhésion des blogueurs que j’ai cité dans l’article.
      La trilogie de Bartimeus est une très bonne série jeunesse publiée en 2003 chez Albin Michel. J’avais adoré le caractère irascible du djinn. Il y a quelque chose d’intéressant avec ces créatures magiques qui sont tenus d’obéir à la personne qui les invoque alors qu’ils n’en ont pas la moindre envie et qu’ils vont tout faire pour faire capoter les souhaits.

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