Natsuko No Sake

Le manga du vendredi #2

Bonjour et bienvenue dans cette deuxième chronique hebdomadaire consacrée à un manga. Aujourd’hui, je vais vous parler d’une série qui m’a occupée en 2021 et dont je viens de lire le dernier tome. Je vais essayer de chroniquer la série complète sans spoiler. Si vous souhaitez lire mon avis sur le premier tome, je vous renvoie sur mon blog précédent où j’avais posté ma chronique du tome 1 :

Natsuko No sake tome 1

Je dois être la prêtresse du divin Matsuo. Alors, je ne me trompe pas.

Natsuko No sake, tome 6, Akira Oze. Le divin Matsuo est une divinité du saké.

C’est l’histoire de …

Natsuko, fille de brasseur de saké et soeur du gérant de la brasserie familiale dont le frère décède prématurément. En mémoire de son frère adoré, elle reprend pour son compte le rêve de celui-ci : produire un saké merveilleux à partir d’un riz légendaire et quasi disparu le Tatsu-Nishiki.

L’auscultation du Dr Fatale

Pour Natsuko, on ne plaisante pas avec le saké. C’est un breuvage qui touche au divin. Pour autant, fille de brasseur, elle n’imaginait pas travailler dans le saké. Au début de la série, elle travaille en ville dans une entreprise publicitaire. Elle a bien du mal à s’imposer et à s’épanouir. Mais le jour où on la fait travailler pour une marque de saké, elle se rend compte que le milieu de la pub ne répond pas à ses idéaux.

Dans le même temps, la famille Saeki dont est issue Natsuko, vit un drame. Le frère ainé, héritier et gérant de la brasserie présidée par leur père, décède des suites d’une maladie. Avant de mourir, il a confié son rêve à Natsuko : créer le plus pur des saké à partir d’un riz légendaire qui n’est plus cultivé, le tatsu-nishiki alias le Dragon Merveilleux.

Natsuko retourne alors dans la maison paternel et empoigne le rêve de son frère à bras le corps.

Démarre alors pour Natsuko et nous une démonstration de production de saké du semis du riz à la mise en bouteille.

Avec Natsuko No Sake, nous plongeons tête la première dans l’univers du saké.

Une édition premium de Vega Dupuis

Natsuko No sake a été scénarisé et dessiné entre 1988 et 1991 par Akira Oze. Il s’agit également de la période dans laquelle se déroule le récit. Le manga comporte en édition originale 12 volumes. Les éditions Vega Dupuis les ont réunis en six épais volumes et ont conservé les couvertures originales.

Chaque volume compte pas loin de 450 pages ce qui au bout de 6 gros volume totalise pas loin de 2400 planches.

Le trait est clair et souple. Le dessin a une facture assez classique, nette et propre. On a pu constater quelques erreurs dans certaines proportions mais vraiment rien de gênant. La mise en page est nette également et le papier de bonne qualité.

Le travail de documentation a du être énorme pour l’auteur car il nous offre un mode d’emploi illustré du parfait producteur de saké. Natsuko suit le chemin du héros. Elle est d’abord seule contre tous à vouloir produire du saké avec un riz que plus personne ne cultive et qui a en plus la réputation d’être de culture difficile.

Son frère lui a laissé une poignée de grains du riz tatsu nikishi, le dragon merveilleux. A partir de cette poignée, elle réalisera des semis, les repiquera, récoltera de nouveaux grains pour préparer une récolte plus importante.

Au début seule et incomprise, sa conviction et sa force de persuasion l’amèneront à constituer autour d’elle une équipe fidèle et gonflée à bloc. En plus de cela, Natsuko possède un don : son palais est parfait ce qui fait d’elle une dégustatrice de saké hors pair.

Le manga est l’occasion de décrire la situation des campagnes japonaises des années 90. Les campagnes se sont vidées, il ne reste plus que les plus vieux et les jeunes agriculteurs ne gagnent pas suffisamment leur vie les obligeant à cumuler un emploi à la ville en plus du travail agricole. On nous montre également une profession en crise, croulant sous des recommandations et législations parfois absurdes et souvent lourdes. On y retrouve également cette bonne vieille confrontation entre tradition – artisanat et modernité – industrialisation.

Il faut savoir qu’à cette période, les pesticides étaient utilisés de façon intensive et Natsuko va une nouvelle fois faire preuve d’obstination et de novation en exigeant une culture biologique pour le dragon merveilleux.

Le langage est donc érudit et on retrouve fort logiquement de nombreux termes issus de la production du saké. C’est parfois très explicatif et j’avoue n’avoir pas retenu grand chose de ces passages mais ils ne gâchent en rien le plaisir de la lecture. Au contraire, on y soin tout le soin qu’à apporter l’auteur à être au plus près du milieu qu’il met en scène.

Les personnages secondaires sont nombreux, bien caractérisés, suffisamment présents pour qu’on les connaisse et les reconnaisse.

Au final, on passe presque deux ans de leur vie à les suivre et l’on s’attache vraiment à eux. C’est un manga que j’ai refermé avec émotion.

Natsuko No sake est un excellent manga à qui il faut accorder du temps car sa lecture est aussi exigeante et intelligente que plaisante. Une très belle découverte de la part des éditions Vega Dupuis.

Le cinquième tome est d’ailleurs en sélection pour le Fauve d’or 2022 à Angoulême. Tenez, regardez comme c’est beau!

La prescription du Dr Fatale

Je ne suis pas loin de penser que chaque profession a son manga 😊 Je vous en donne quelques exemples.

Les gouttes de Dieu : série en 44 tomes de Tadashi Agi et Shu Okimoto qui met en scène deux frères ennemis et entraine son lecteur dans l’univers du vin, son langage et ses codes.

Fils d’un œnologue reconnu, Shizuku Kanzaki n’a aucun goût pour le vin. Malheureusement, son père décède et, alors qu’il pensait profiter tranquillement de son héritage, Shizuku découvre qu’il a un frère adoptif. Pire, le testament de son père les met au défi de découvrir douze grands crus ainsi que le meilleur de tous, Les Gouttes de Dieu. Shizuku lancé sur une enquête d’un nouveau genre, au beau milieu des vins, des cépages et des saveurs…

Bakuman : Le manga de la mise en abime où nous suivons le parcours professionnel de deux jeunes magakas débutants.

Moritaka Mashiro possède un don évident pour le dessin. Il est secrètement amoureux de Miho Azuki. Akito Takagi, le meilleur élève de sa classe, écrit des scénarios et souhaite que Mashiro les transpose en manga. La lente ascension pour réaliser le meilleur manga jamais édité commence !

Unsung Cinderella met en scène le quotidien professionnel d’une pharmacienne hospitalière.

Midori Aoi est pharmacienne hospitalière depuis maintenant deux ans. Énergique et motivée, elle prend son travail très à cœur, mais est également frustrée de ne pas pouvoir aider plus directement les patients. Du fait de sa profession, elle se retrouve systématiquement en second plan, derrière les médecins, alors qu’elle est habitée par la même volonté que ces derniers : aider les patients. Elle passe par conséquent beaucoup de temps avec chacun d’entre eux, ce qui lui vaut régulièrement des remontrances de sa hiérarchie, sans pour autant entamer sa détermination !

A vous

Avez-vous lu Natsuko No Sake ? Pensez-vous qu’il ait une chance de remporter un prix à Angoulême ? Avez-vous des mangas « métier » à me conseiller ?

Je vous souhaite de belles lectures et que l’imagination soit avec vous!

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