Tokyo Tarareba Girls, tome 2

Le manga du vendredi #7

J’ai beau passer mon temps à faire des soirées entre filles, il peut donc encore m’arriver de passer une nuit comme celle-ci … C’est peut-être là un message du bon dieu qui me dit que mon cas n’est pas si désespéré que ça.

Tokyo Tarareba Girls, tome 2, Akiko Higashimura

C’est l’histoire de …

un trio de copines tokyoïtes. A trente trois ans, la proximité des jeux olympiques leur met un gros coup de pression quant à leur vie sentimentale. Toutes les trois célibataires, elles sont déterminées à se trouver un mari. Seulement voilà, ni la société ni les hommes ne les ont attendues.

L’auscultation du Dr Fatale

Dans le premier volume (chronique par ici), nous suivions principalement Rinko et assistions au début de l’explosion de sa vie tranquille. Elle était satisfaite de sa vie professionnelle et passait de joyeuses soirées bien trop arrosées avec ces deux amies, Koyuki et Kaori. Le temps semblait les avoir oublié. Mais tel un séisme, les hommes ont chamboulé sa vie. Un collègue et ancien prétendant la sollicitait pour l’aider à courtiser une femme plus jeune et Key, homme mannequin populaire du moment, leur rentrait dans le lard en les traitant de « Yaka fauconne ».

Mais voilà-t-il pas que Key et Rinko couchent ensemble. Notre trentenaire déboussolée expérimente le coup d’un soir ce qui la perturbe encore davantage. Que faire ensuite?

Ce deuxième tome élargit la focale et nous raconte le passé amoureux de Kaori. Très amoureuse d’un musicien dix ans plus tôt, elle l’avait quitté après plusieurs années de relation. Lors de leur séparation, il était musicien inconnu et fauché, elle le retrouve guitariste d’un groupe célèbre et ami de Key. L’occasion pour elle d’une seconde chance et de remettre le couvert ou nouvelle impasse?

La mangaka ouvre également un arc pour Koyuki. Le nouveau client de son bar est exactement son type d’homme. Le courant semble passer. Alors que la relation démarre sous les meilleurs auspices, l’homme idéal de Koyuki fait une déclaration fracassante.

Et je n’en dirais pas plus pour ne pas vous spoiler l’intrigue.

De retour sur le ring

Avec Tokyo Tarareba girls publié par le Lézard noir, Akiko Higashimura brosse le portrait d’une génération pour qui les relations amoureuses sont un combat et elle n’hésite pas à manier la métaphore sportive. Dans le premier volume, les trois copines se voyaient au bord du terrain de foot prêtes à faire une entrée remarquée et à marquer un but à n’importe quel moment. La réalité étant que le match était déjà terminé.

Ici la métaphore sportive, c’est la boxe et nos trois protagonistes n’ont pas fini de se prendre des coups. Elles sont tout aussi paumées les unes que les autres et leurs choix respectifs laissent présager de grandes désillusions pour la suite.

L’image de la femme est sérieusement écornée dans ce manga mais elle est aussi bien plus proche de la réalité : depuis quand est-ce que les femmes restent bien gentiment à la maison en attendant le prince charmant ? Elles travaillent, elles sortent et dans le cas de nos protagonistes boivent beaucoup trop d’alcool. Les mascottes Yaka et Fokon émaillent le récit de leurs punchlines et s’occupent d’ouvrir les yeux de Rinko mais aussi de Kaori et Koyuki qui commencent à les apercevoir.

Sous couvert d’humour, j’y lis une chronique acerbe des relations amoureuses contemporaines. On y parle de solitude, de difficulté à se rencontrer et à nouer relation.

Mon avis en quelques lignes

Tokyo Tarareba Girls ne laisse pas indifférent. Ce volume 2 m’a fait la même première impression que le premier. La série est présentée comme étant humoristique et je la trouve plutôt caustique et grinçante, voire un chouilla horrible et déprimante.

Je suis pleine d’empathie pour ces trois personnages féminins et les situations dans lesquelles elles se mettent me font mal. La métaphore de la boxe convient parfaitement car elles se prennent des coups et l’uppercut n’est pas loin.

Les personnages masculins commencent à faire leur apparition. Key est insupportable. Jamais bienveillant, il ne laisse rien passer, ne rate pas une occasion de frapper là où ça fait mal. Les deux nouveaux protagonistes sont encore à peine esquissés mais je suis prête à parier qu’ils ne vont pas avoir un beau rôle.

J’avais le sentiment avec le premier volume que ce manga peut être perçu de façons très différentes selon le passé amoureux et le sexe du lecteur et le bonus de fin de manga me donne raison 😉 Avec Tokyo Tarareba Girls, Akiko Higashimura lance un pavé dans la mare !

Pour autant, malgré mon ressenti d’une série un brin déprimante, elle rend accro car je me surprend à embrayer directement sur le tome 3 (acheté en même temps que le deux, ouf). Il génère également des attentes, nos trois célibattantes vont-elles se relever, contre-attaquer, être heureuse et enfin bien dans leur tête? Kei va-t-il être remis à sa place? Rinko sera-t-elle enfin fière d’elle et surtout, surtout, vont-elles arrêter l’alcool?

La prescription du Dr Fatale

Nana de Ai Yazawa

Ici les personnages sont plus jeunes mais ont y retrouve l’amitié, les amours qui font mal et un personnage de rockeur.

Résumé de l’éditeur :

Ces deux jeunes filles s’appellent Nana. Elles ont le même âge, éprouvent toutes deux une grande attirance pour Tokyo, et font très attention à leur look. La première est une étudiante rêveuse et tête en l’air, à la recherche désespérée du prince charmant. Quant à l’autre, plus déterminée et solitaire, c’est grâce à son premier amour qu’elle est devenue chanteuse dans un groupe de rock amateur. Toutes deux ont pour objectif d’aller s’installer à Tokyo…à savoir Des personnages influencés par les dernières modes tokyoïtes, et d’ailleurs habillés par des stylistes de « Shibuya », le quartier à la mode o Un « shôjo manga » (manga pour filles) à lire plutôt en couple !

Et vous ?

Connaissez vous cette série? L’appréciez-vous?

Dites moi tout en commentaires et à bientôt pour une nouvelle chronique manga !

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